Pourquoi on a l’impression que les titres d’Aya Nakamura sont tous les mêmes ?

Tous les mêmes, tous les mêmes et y en a marre ?

“Les rappeurs progressent les beatmakers régressent … Toutes les prods se ressemblent, vous prenez tous les mêmes boucles !!! Heureusement y’en a encore qui se prennent la tête mais une bonne partie se branlent trop la !!!”. Cette phrase est tirée d’un tweet lancé ce weekend par le manager de Dinos, Oumar Dinho Samake. Si elle est davantage dirigée vers le rap français, on pourrait presque la calquer au dernier album d’Aya Nakamura. La chanteuse a dévoilé son nouvel opus “DNK”, dans lequel la bande sonore peut donner l’impression d’être une longue boucle lancinante. Dans ce 15 titres de 41 minutes chrono, elle se ballade aisément sur un style qu’elle maitrise. Un zouk, un afrobeat, ou ce qu’on appelle : la fameuse pop-urbaine, terme valise englobant tout et n’importe quoi, du moment qu’on viendrait de la street. ”J’ai mis du temps à retrouver du plaisir dans la musique. J’étais dans une autre vie.“, expliquait Aya Nakamura dans les colonnes de Libération le jour de la sortie de “DNK”. Si on ressent bien la générosité de l’artiste dans ce projet, on perçoit également un certain confort. Celui de se rouler dans des mélodies déjà entendues. Et pour cause.

Le duo de producteurs en vogue, Senny au piano et Max à la guitare comme ils se font appeler sur Instagram, et signé depuis mai 2022 chez Universal Music Publishing, sont derrière les hits de “Baby”, “T’as peur”, “Beleck”, “Chacun” et “J’ai mal”. Ce dernier offrant presque la seule respiration de l’album avec une instrumentale sans percussion. Poussant la jeune femme à une confidence mélodieuse sans artifice et fioriture. Donnant à son texte de réelles allures de confessions, loin des “hit machine” comme “SMS” ou “Coller”. C’est ce même duo qui a officié sur le dernier album de Ronisia. Ils sont à la production de “Longue vie” et “Mélodie”. Deux cartons pour la signature d’Epic Records.

Deux autres collectifs, Shuriken et Hard Level se joignent également très largement à la production et à la composition de “DNK”. Ces derniers comptant à leur actif des collaborations avec Gazo, Tiakola, 4Keus, Franglish ou encore Dinos.

On notera qu’Aya Nakamura n’aura cette fois pas enrôlé Julio Masidi derrière les hits de “Copines” et “Jolie Nana” ou encore Le Side qui signait “Pookie” à la prod et “Djadja” à la co-compostion. Également séparée de son compagnon Vladimir Boudnikoff, Aya Nakamura ne lui laisse qu’un seul son produit sur “DNK”, comme un clin d’oeil puisqu’il s’agit du morceau “Daddy”.

Mais avons-nous eu l’impression d’écouter les mêmes titres en raison de choix de production moins hétéroclites, ou attendions nous simplement la Jolie nana autre part après 4 albums ? Sûrement un peu des deux.

30 janvier 2023

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