Comment j’ai vécu la grossesse de ma soeur à distance

Sophie May, directrice artistique, a immortalisé les derniers mois de grossesse de son ainée. Avant ça elle a dû entretenir le lien à distance.

“Le plus difficile lorsque l’on vit loin de ses proches, c’est la peur que les liens se brisent et surtout de manquer des moments importants”, nous écrit Sophie qui dédie une série photographique à sa soeur ainée enceinte. Originaire de la Martinique, la directrice artistique a quitté son île natale pour rejoindre Paris. Un déchirement, comme souvent pour les insulaires qui doivent faire face à un choc culturel en arrivant dans la capitale et qui sont également soumis au décalage horaire et à la distance avec leurs proches. “Je ne pouvais pas être présente pour la première grossesse de ma sœur. Je n’ai donc pas pu partager ça avec elle et j’ai même eu peur de ne pas réussir à créer de lien avec ma nièce à cause de mon absence. Heureusement, ça n’a pas du tout été le cas. J’ai le meilleur des accueils à chaque fois.”, continue Sophie qui a profité de son retour quelques jours en Martinique pour immortaliser les derniers mois de la deuxième grossesse de sa soeur Christelle. 

Crédit photo : Sophie May

“En mars dernier j’ai eu la chance de rentrer, et de passer du temps avec elle. D’écouter et de sentir les coups de pieds de ce petit être sur son ventre. La prendre en photo, c’était cristalliser ce moment à la fois pour elle mais aussi pour nous, pour cet instant partagé ensemble. Un moment particulier car avoir des enfants un jour est quelque chose dont je doute beaucoup et pourtant sans le savoir elle m’a presque rassurée”. Si Sophie le dit, elle s’en veut d’être loin, elle a voulu participer à l’album de famille. “Je ne me vois comme pas une photographe ou une vidéaste mais plutôt comme quelqu’un qui créer des souvenirs pour mon entourage. Alors la prendre en photo ça s’est fait naturellement. Elle voulait des photos, quelque chose qui reste et elle m’a fait confiance”.

Crédit photo : Sophie May

Derrière son objectif Sophie a pu le temps d’un instant oublier les reproches qu’elle se lance souvent. “Le fait d’être loin ça donne toujours cette impression de rater des moments importants. On s’en veut aussi de ne pas être présent physiquement. J’étais anxieuse, est-ce qu’elle m’en voudra de ne pas être là encore une fois ? Est-ce que j’étais assez impliquée ? J’ai souvent pensé à ça. Est-ce que je remplie ma fonction de soeur en réalité”. Une fois réunies, Sophie et Christelle ont avant tout, assez simplement, profité du moment présent. Créant des souvenirs qui s’affichent désormais sur papier glacé.

Texte : Hanadi Mostefa

21 avril 2022

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