adidas accusé “de marcher sur le féminisme” à Paris

En cause : le prochain naming d’un complexe sportif qui devait à l’origine porter le nom d’Alice Milliat une nageuse, hockeyeuse et rameuse française connue pour son engagement féministe dans le sport de haut niveau.

Maquette de la future Arena Porte de La Chapelle
Crédit photo : Mairie de Paris

La Mairie de Paris vient d’accorder le droit à adidas, de renommer sa nouvelle Arena en construction Porte de La Chapelle, au nord de Paris, la “Adidas – La Chapelle District”. Cette pratique du naming qui permet à certaines salles de bénéficier de subvention de grands groupes, comme ce fut le cas pour la salle de spectacle Bercy, renommée l’Accor Arena en 2015, est accusée d’effacer une partie de l’histoire au profit de la “marchandisation“. Et c’est ce qui est reproché à la Mairie de Paris mais aussi à l’équipementier allemand qui ont trouvé un accord contre 2,8 millions d’euros par an versés par adidas pour que le nom de la marque soit associée à ce nouvel équipement, comme le révèle Le Monde. La salle de 9 000 places destinée à accueillir certaines compétitions des Jeux Olympiques de 2024 aurait pu porter le nom d’Alice Milliat une nageuse, hockeyeuse et rameuse française.

En effet, durant l’été 2020, le Conseil de Paris avait voté à l’unanimité que “la ville de Paris étudie la possibilité de nommer le futur équipement pour les Jeux Olympiques et Paralympiques, Arena Alice Milliat”. La sportive, décédée en 1957, s’était battue pour faire inscrire des épreuves féminines dans le programme officiel des JO, et ce dès 1920, alors que les femmes étaient exclus de ce grand événement sportif. En 1922 elle organisera les premiers Jeux mondiaux féminins à Paris.

L’annonce du naming a du mal à passer du côté de certains élus, comme pour le communiste Nicolas Bonnet-Oulaldj : “L’Arena de la porte de La Chapelle aurait ainsi été le premier équipement olympique de l’histoire portant le nom d’une femme“, explique t-il suivi par Fatoumata Koné, Présidente du groupe écologiste à Paris. Ce naming “pousse la logique de marchandisation jusqu’à privatiser le nom d’établissements appartenant au domaine public“, assure t-elle. De son côté l’adjoint aux sports et aux JO de la maire PS Anne Hidalgo se défend auprès de l’AFP. L’élu félicite la”vraie politique sportive” d’adidas, qui grace à son engagement financier va “développer la pratique du sport féminin dans le nord de Paris“.

Suite à cette décision une pétition a été lancée sur change.org avec pour mot d’ordre : “Ne sacrifions pas nos valeurs, notre engagement pour le sport et pour le féminisme, sur l’autel d’une multinationale !“. Parmi ses signataires, l’ancienne ministre des sports Marie-George Buffet et la sprinteuse Ayodele Ikuesan. La Fondation Alice Milliat de son côté s’est dite “ouverte à toutes discussions constructives avec la mairie de Paris et Adidas pour construire une forme de naming plus “responsable”. Elle dit également avoir conscience de “la nécessité de garantir la viabilité économique de ce nouvel équipement qui, comme beaucoup d’équipements sportifs, passe par le naming. Un enjeu dont la Fondation Alice Milliat a toujours eu conscience tout en continuant à croire à la possibilité d’imaginer un naming qui permettrait de ne pas à nouveau effacer le nom d’Alice Milliat”. 

18 mai 2022

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