Le nouveau fléau sur Vinted : du dropshipping de produits SHEIN ou Temu sous l’appellation Vintage

Le succès s’accompagne aussi de dérives. Sur Vinted, certains revendeurs ont repéré une opportunité rentable. En se faisant passer pour de simples particuliers, des vendeurs professionnels proposent à prix élevé des articles de fast-fashion neufs, qu’ils présentent comme des pièces vintage. Cela s’appelle du dropshipping.

À gauche une veste du site SHEIN vendue 47,49€, à droite un revendeur Vinted qui présente la même veste comme « vintage » au prix de 75€.

Alors que Vinted s’est installé comme la référence en matière de vêtements de seconde-main, l’application doit faire face à un nouveau fléau : le dropshipping déguisé. Certains vendeurs listent en réalité des articles neufs – souvent provenant de sites d’ultra-fast-fashion comme Shein ou Temu – comme s’ils étaient de la seconde main. Ces produits sont parfois achetés très peu cher puis revendus beaucoup plus cher sous des étiquettes telles que « rare » ou « vintage ». Une pratique soulignée dans l’enquête du quotidien néerlandais NRC Handelsblad.

À gauche l’annonce originale sur SHEIN, avec une veste vendie 30€, à droite la même sur Vinted, vendue près de 4 fois plus cher sur le compte Vinted Vintageshopd

Ces comptes usent souvent des mêmes méthodes, un selfie miroir généré par l’IA, et une bio prenant les allures de passionnés de mode. Comme ce compte repéré par le journal. « Jeune fille de 20 ans passionnée de mode, je mets ici en vente les vêtements que je ne porte plus ». Une soit-disant aficionado des tendances qui a vendu près de 575 vêtements sur la plateforme de seconde main et en propose actuellement encore 128. « Pourtant, son apparence change constamment : presque chaque photo d’annonce montre une femme différente. Parfois elle est brune, parfois blonde. », note encore le média.

Et les prix pratiqués par ces revendeurs sont multipliés par trois ou quatre parfois par rapport au prix d’origine, et les étiquettes sont coupées pour faire disparaitre la marque. « À titre d’exemple, un tailleur rose vendu par le compte français Twinshop coûte 74,10 euros sur Vinted contre 27,40 euros sur Shein. Un cardigan bleu vendu par l’utilisatrice julia-166 est proposé à 31,15 euros sur Vinted, alors qu’il coûte seulement 15,03 euros sur Temu », repère le média. Sur la version française cela ne prend que quelques secondes pour tomber sur un de ces comptes. Après avoir tapé les mots clés tendance du moment « fausse fourrure », plusieurs de ces comptes apparaissent. Avec les mêmes caractéristiques. Des femmes se prenant en seflie devant un miroir, souvent sexy, et avec plus d’une centaine d’articles sur leur page.

Des comptes que nous avons repérés sur Vinted
À gauche, les vestes vertes et beiges proviennent de SHEIN (

Alerté, Vinted dit interdire le dropshipping sur sa plateforme et assure avoir mis en place des mesures automatisées pour identifier ce type de comptes. Malheureusement ils continuent de pulluler. « Nous enquêtons sur les comptes signalés et prenons les mesures appropriées », affirme la plateforme qui semble pourtant dépasser par l’ampleur du phénomène. Le média qui a signalé plusieurs comptes, affirment que certains sont toujours en activité malgré leurs alertes.

Comment réperer les comptes :

  • Faire la recherche d’image inversée sur Google. Prenez en photos l’annonce Vinted, puis allez sur Google et chargez la photo. Rendez-vous sur la page produit pour voir si celui-ci apparait sur d’autres plateformes comme SHEIN ou TEMU
  • Repérer les selfies miroirs, alertez-vous si la personne à plusieurs apparences sur son shop, et si elle adopte des poses suggestives.
  • Regardez le nombre de produits vendus, un nombre élevé signifie souvent qu’il s’agit d’une boutique

12 février 2026

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