Accrochez-vous à Doria

La rappeuse de Nanterre a dévoilé un premier album prometteur, encore un peu trop sage.

Crédit photo : AWA

Coeur ouvert et plume dans le cartable. Doria a rendu une belle copie avec son premier album “Depuis le départ”, sorti le 25 juin dernier. Celle que l’on surveille depuis le très bon “Pochtar”, a opté pour un premier disque mélangeant titres rappés et morceaux plus mélodieux. Comme dans “Goodbye”, où Doria nous rappelle que son premier amour est le chant, une corde de plus à son arc qu’elle a armé avec justesse pour un premier projet qui mérite de la placer encore un peu plus dans le paysage du rap francophone. On aime la voix cassée, le flow lui donnant des allures de capitaine, un énervement vocal qui n’est pas sans nous rappeler une certaine Diam’s. Là réside la force de Doria, tout comme sa prédécesseuse, elle joue les funambules dans un milieu ultra masculin et avec simplicité balaie le cliché du “elle rappe bien pour une meuf”. Doria fait du rap. À elle on ne lui parle pas de féminin, masculin.

C’est cela qu’on aura aimé dans ce premier album. Sa façon bien à elle d’avoir su effacer les lignes. “Y a des mecs qui lâchent des coms de fou je me demande s’ils ont une mère, et s’ils ont les couilles de répéter ça devant leur père”, rappe t-elle dans 96. Preuve que le féminisme a toujours existé, que ça s’appelle se défendre. Pas besoin d’en faire un cliché, parce que Doria en est tout sauf un. On regrettera en revanche le trop plein de titres pensés pour l’été qui semblent nous voler l’espace pour des morceaux plus introspectifs. Si Doria se livre dans “Dès le départ”, on attend qu’elle retire ce filtre qui la protège encore, celui qui l’éloignera des branches de la tendance. Alors donnons lui la main comme elle le demande sur sa piste 5. “Viens, viens, j’aimerais quitter la zone et te montrer ma folie mais au fond, c’est pas joli”. Si c’est comme Napoli.

29 juin 2021

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