Le 25 mars, Hala Abou Hassira a remis ses lettres de créance à l’Élysée en tant qu’ambassadrice de l’État de Palestine. Une première étape concrète de la reconnaissance de la Palestine annoncée par Emmanuel Macron en septembre dernier, incarnée par une personne. Mais qui est-elle ?

Il s’agit de la première mise en œuvre concrète de la reconnaissance de l’État de Palestine depuis la tribune du président français à l’Assemblée générale des Nations Unies, le 22 septembre 2025. Ce mercredi 25 mars, Hala Abou Hassira, ambassadrice et cheffe de la mission de Palestine en France, a enfin remis ses lettres de créance en qualité d’ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire à Emmanuel Macron, qui les a acceptées.
Hala Abou Hassira, une enfant de Gaza
Née en 1976 en Palestine, dans le quartier Al-Rimal à Gaza, Hala Abou Hassira a étudié la langue et la littérature anglaises à l’université Al-Azhar de Gaza ainsi que la langue et la civilisation françaises au Centre culturel français de Gaza. En 2003, elle obtient un master en diplomatie à l’université de Malte. Deuxième, puis première secrétaire à l’Ambassade de Palestine au Gabon, entre 1999 et 2005, elle rejoint ensuite la direction des réfugiés au ministère des Affaires étrangères de l’État de Palestine à Ramallah jusqu’en 2007, avant d’être nommée la même année première secrétaire à la Mission de Palestine en France jusqu’en 2018. Pendant qu’elle occupe ce poste, elle obtient son diplôme de l’ENA. En 2018, elle est nommée ambassadeur en charge de l’Union européenne à la Mission de l’État de Palestine auprès de l’Union européenne, puis s’envole pour le Canada, où elle nommée ambassadeur. Trois ans plus tard, elle revient en France en qualité d’ambassadrice et cheffe de la Mission de Palestine en France. Elle est aujourd’hui officiellement accréditée en tant que première ambassadrice de l’Etat de Palestine sur notre territoire.
“Comme tous les ambassadeurs des pays du monde en poste à l’étranger, ma mission est évidemment de représenter mon pays et ses intérêts auprès du pays accréditaire et travailler pour établir et maintenir les meilleures relations possibles entre les deux peuples et les deux pays à différents niveaux culturels, économiques, touristiques, politiques…, explique-t-elle à france-palestine.org, La particularité est que mon pays est sous occupation coloniale. Ma mission est donc le prolongement des efforts du leadership palestinien et du mouvement de Libération nationale, pour l’obtention des droits inaliénables du peuple Palestinien à la liberté, à l’indépendance, à la souveraineté et au retour sur notre terre.”

Un moment historique
Si elle est installée dans le monde de la diplomatie depuis des années, cette récente cérémonie protocolaire marque un tournant dans la carrière de Hala Abou Hassira. “C’est un moment historique, a-t-elle déclaré au Monde à sa sortie de l’Elysée, Je suis fière pour mon peuple, qui a payé un prix tellement cher. C’est la reconnaissance de ses droits et de ses sacrifices. La décision française survient à un moment très brutal pour le peuple palestinien, mais cela ne fait que renforcer sa signification. La France se montre fidèle à son héritage diplomatique et au droit international, qui doit être notre socle à tous.”
Pour autant, ce même article nous apprend que la France n’envisagerait pas “d’élever le niveau de sa représentation auprès de l’Autorité palestinienne”. En résumé, si la France reconnaît davantage la représentation palestinienne en France, elle ne fait pas l’équivalent côté palestinien, en créant une ambassade française auprès de l’Autorité palestinienne. C’est donc le consulat général de France à Jérusalem qui continuera de représenter la France auprès des Palestiniens, en fournissant des services consulaires, notamment aux Israéliens, et en servant de relais diplomatique auprès des institutions palestiniennes situées à Ramallah. Une avancée à saluer, certes, mais qui reste encore prudente.
30 mars 2026