Humour, bienveillance et déconnexion, la recette de Maghla, l’une des plus grosses streameuses françaises

Rencontre avec la nouvelle égérie de Fullllife gameswear.

Crédit photo : Pete Casta/ANCRÉ
Maghla porte un t-shirt Fulllife

Si vous vous renseignez sur Maghla, tous ceux qui baignent dans l’univers du streaming vous diront : “elle est adorable”. Un compliment qui s’est vérifié lors de notre rencontre avec celle qui figure parmi les plus grosses streameuses françaises. Après avoir été biberonnée aux jeux vidéos par ses deux parents, Maghla a choisi d’en faire son métier mais bien plus encore, un moyen de communiquer. Quitte à se bruler parfois, elle ira jusqu’au burn out, mais sans pouvoir s’en passer. Cette acharnée du travail a su au fil des années se construire une communauté fidèle (533 000 abonnés sur Twitch, 237 000 sur Instagram, 213 000 sur Twitter), se posant comme une réelle observatrice et actrice de l’évolution de Twitch. Bien loin du cliché du no life qui a longtemps collé aux adeptes du streaming, Maghla explique son amour pour la randonnée sur son compte Instagram à coup de clichés capturant la forêt. Un monde vert dans lequel elle se ressource, à l’abri des écrans. Adorable aussi, c’est le mot choisi par son nouveau sponsor Fulllife, pour décrire sa nouvelle égérie. La marque dédiée au e-sport et lancée en 2020, a enrôlé des designers de chez Quiksilver et Element® pour insuffler une dose de style et de hype à l’univers du gaming.

Crédit photo : Pete Casta/ANCRÉ
Maghla porte un t-shirt et pantalon Fulllife

ANCRÉ : Une des premières choses que l’on t’a demandé pendant ce shooting c’est comment nous devions t’appeler. Tu as répondu : “Maghla ou Barbara. Comme tu veux.“ Maghla et Barbara sont donc la même personne ? 

Maghla : Maghla et Barbara sont plus ou moins la même personne, la grosse différence que je mettrais en avant est le caractère intime qu’implique l’utilisation de mon prénom. En tant que Maghla je ne dévoile pas ma vie privée et ce qui peut être très personnel mais quand je travaille avec une marque ou des personnes de confiance, je n’ai aucun souci qu’on m’appelle Barbara car les échanges sont différents de ce qu’on peut avoir en live. J’essaie un maximum de marquer et garder une distance en streaming, je fais très attention aux relations parasociales.

Tu es l’une des plus grosses streameuses en France et tu as débarqué seule pour ce shooting. As-tu toujours choisi de gérer ta carrière en solo ?

J’ai longtemps travaillé seule, j’ai toujours apprécié de pouvoir être indépendante ! Aujourd’hui je le suis toujours mais je suis accompagnée d’une agence et d’une équipe formidable avec qui j’adore travailler et qui me permettent de me dépasser.

Solo, seule… c’est un terme qui peut revenir souvent quand on parle de streaming. La personne est seule tout en étant connectée à des milliers d’internautes. Alors finalement qu’est-ce-que tu recherches le plus ? La solitude ou la foule même virtuelle ?

J’ai toujours été quelqu’un d’assez solitaire même si pourtant très sociable, alors le streaming est parfait pour moi. J’adore passer du temps seule avec moi-même, mais également avoir des interactions de temps en temps. Le stream me permet d’avoir ce juste milieu, je suis chez moi mais également au contact de milliers de personnes toutes plus intéressantes les unes que les autres. Néanmoins, j’ai tout de même besoin de voir du monde de temps en temps, avoir un contact virtuel est génial mais j’aime passer du temps avec mes amis quand le besoin s’en fait ressentir.

Tu t’es installée au vert en banlieue parisienne. La connexion à la nature est essentielle pour toi qui est souvent derrière un PC ?

Totalement ! En période chargée, je cours partout et je streame beaucoup, je suis souvent à 200%, je vois du monde, je crée beaucoup, anime, etc… J’ai besoin d’avoir mon moment de calme. On a tous besoin de se ressourcer d’une façon ou d’une autre, la mienne c’est d’aller marcher dans la forêt avec mon chien. Cela me permet d’avoir un équilibre, et c’est d’ailleurs dans ces moments là que je trouve la plupart de mes idées ou projets.

Le mythe du No Life autour des streameurs et joueurs de jeux vidéos est-il toujours d’actualité ?

Je pense clairement qu’on en est maintenant très loin. Évidemment il faut de tout pour faire un monde mais on voit de plus en plus de personnes prendre soin d’eux, faire du sport, s’intéresser à la nutrition, faire des activités en plein air et c’est top. D’ailleurs dans le streaming, on fait du jeu vidéo mais pas que. Vous avez beaucoup de catégories différentes. Moi par exemple je promène souvent mon chien en live, j’adore emmener les gens en forêt, leur raconter des histoires, explorer…

Crédit photo : Pete Casta/ANCRÉ
Maghla porte un crewneck Fulllife

On l’a vu pendant cette pandémie, les gens ont eu besoin d’aller courir, marcher, même si ce n’était pas dans leur habitude. Est-ce-que tu t’obliges toi aussi à couper ? 

C’est tellement important. J’ai la chance de faire un métier passion, donc je ne compte pas les heures et c’est un vrai plaisir au quotidien d’exercer mon activité. Le souci c’est qu’on a tendance à vouloir toujours en faire de plus en plus, négliger le temps pour soi, on se dit également qu’on peut dépasser les heures qu’on s’était mises et on se retrouve vite dépassés. Personnellement, comme je prends du plaisir à travailler, j’ai vite tendance à ne faire que ça et à ne pas prendre de pause. Je me suis vite rendue compte que c’était complètement contre-productif. Prendre des pauses permet d’avoir plus de recul sur les projets, de mieux appréhender certains aspects sociaux du métier, de refaire le plein de créativité. De toute façon comme dans tout, l’extrême ce n’est jamais bon, il faut réussir à trouver un équilibre.

Tu te tiens à un planning chargé. Des lives qui peuvent durer des heures. Tu as même été jusqu’au burn out. Comment en es-tu arrivée à l’épuisement ? 

Comme je disais plus haut, c’est très facile d’arriver à l’épuisement sans s’en rendre compte. Je pense que le fait de travailler pour soi-même (et pas forcément que le streaming) fait qu’on a du mal à se mettre des heures de travail, on a envie d’en faire tout le temps et de plus en plus. J’adore ce que je fais, donc j’ai tendance à tout le temps avoir la tête active sur plein de sujets différents ou à accepter plein de projets qui me tiennent à coeur et que j’essaie de faire rentrer dans le planning, ce qui fait que parfois je dépasse beaucoup ou je me retrouve avec des journées où je cours partout ! Après je le cherche aussi, j’ai toujours adoré être active, être sur plusieurs projets en même temps, découvrir de nouvelles choses, donc le milieu du streaming est parfait pour ça, je m’éclate et j’ai du mal à arrêter. Également le côté social n’est pas toujours simple à gérer, on a beaucoup ce rôle “éponge” des commentaires/choses négatives, même si on est très peu touchés personnellement, on a toujours un seuil de tolérance et ça peut jouer sur la fatigue mentale. Mais aujourd’hui j’ai un équilibre qui me plait beaucoup et la chance d’avoir une communauté adorable qui fait que le côté social est très agréable.

Tu disais d’ailleurs le frôler de nouveau. As-tu mis en place quelques techniques pour garder la tête hors de l’eau ?

Cette année j’ai frôlé le burn out, j’ai eu beaucoup de mal à mettre en place un ou deux jours off par semaine où je me déconnecte complètement, j’avais vraiment envie de me dépasser, de découvrir de nouveaux projets et de créer. Et j’ai eu la chance d’être accompagnée par une super équipe (WSC) et des amis qui m’ont permis de bien doser tout ça et sur qui je peux vraiment compter quand je sens que je fatigue. C’est très important d’être bien entouré, d’avoir des gens de confiance autour de vous.

Y-a-t-il une activité en particulier qui t’aide à déconnecter ?

En dehors de tout ça, j’ai ma petite routine qui me permet de déconnecter un peu tous les jours et de prendre soin de moi. En parallèle du professionnel, j’ai appris à prendre bien plus soin de moi cette année, on n’y pense pas assez mais on est important. Chaque jour j’essaie d’avoir au moins une petite activité pour moi. Ce qui me fait souffler complètement c’est le sport, j’essaie d’en pratiquer régulièrement, aller marcher en forêt et je suis très fan de skincare aussi, j’adore prendre 10-15 min matin et soir pour prendre soin de ma peau et me chouchouter. Ce sont mes petits moments de douceur qui équilibrent mes journées.

Crédit photo : Pete Casta/ANCRÉ

Quel parallèle ferais-tu à des gens qui ne visualisent pas ce qu’est le streaming, qui ne comprennent pas ce que procure l’effet de regarder quelqu’un jouer pendant des heures ?

Je pense qu’il faut se dire que le streaming c’est plus que regarder quelqu’un qui joue sur un jeu sans parler et fixé juste son écran. Un streameur est un animateur avant tout et l’avantage c’est le direct. On communique énormément avec la communauté, on rit beaucoup, on découvre. Il y a plein de catégories différentes sur Twitch et de streameurs différents. C’est un petit moment de partage, une bulle où on passe un bon moment.

Streamer c’est avant tout discuter ?

Il y a des streameurs très différents sur la plateforme, vous pouvez venir pour regarder quelqu’un performer sur un jeu ou juste s’amuser, quelqu’un qui va juste discuter avec sa communauté sur différents sujets (et on peut d’ailleurs aboutir à des sujets très sérieux et intéressants, j’ai beaucoup appris avec le streaming), d’autres qui vont faire du sport et motiver à en faire, de l’art, de la musique, etc… Il y a de tout/ On dit souvent que de la même façon que quelqu’un regarde du foot à la télé, là on regarde quelqu’un qui joue mais à un jeu. À la différence qu’ici la personne est en direct et peut communiquer avec vous. Regarder Twitch c’est regarder une série 2.0, vous venez vous poser avec vos popcorns pour vous détendre et interagir ou non, c’est libre. 

La question peut peut-être paraître facile, mais est ce que c’est plus dure pour une femme d’essuyer les critiques en ligne ? Le sexisme est partout, aussi dans le streaming. Tu as fais l’expérience du cyber sexisme. Comment se met-il en place ?

On trouve du sexisme partout et donc aussi sur internet malheureusement. Il y a encore beaucoup de chemin à faire mais je trouve qu’on évolue plutôt positivement, lentement mais ça bouge un peu. Malheureusement il y a encore pas mal d’éducation à faire chez certains. Il y a 5 ans nous n’étions pas autant de femmes à streamer ou à dépasser certaines statistiques, il y avait une sorte de plafond. En live j’ai toujours fait attention aux propos tenus sur mon tchat, je ne tolère aucun sexisme/transphobie/racisme/homophobie ou toute discrimination, ça permet de filtrer la communauté et petit à petit d’avoir des gens qui nous ressemblent. C’est très difficile de faire la part des choses parfois et de ne pas être touché par les commentaires de certaines personnes mais il faut réussir à se mettre une sorte de barrière dans son esprit. D’où l’intérêt pour moi d’ailleurs de me faire appeler Maghla en live et non Barbara. C’est un peu mon bouclier, ils s’attaquent à “Maghla” et non ma personne qu’ils ne connaissent pas finalement (et ça vaut pour tout commentaires négatifs, pas que le sexisme).

Crédit photo : Pete Casta/ANCRÉ
Maghla porte les hoodies Fulllife

Existe t-il une sororité entre streameuse ? 

Aujourd’hui on retrouve beaucoup de femmes très talentueuses dans le milieu (Jeel, Ultia, LittleBigWhale, Horty, Baghera, Avamind, et plein d’autres, n’hésitez pas à aller voir leur contenu) et on se soutient un maximum, c’est très important d’ailleurs d’avoir un esprit de sororité, ça donne un climat bien plus bienveillant et on peut être là les unes pour les autres ou se soutenir quand c’est compliqué. Évidemment on a également beaucoup de streameurs masculins qui sont adorables et sont là quand on a besoin.

Toi qui a débuté jeune dans le monde du streaming comment celui-ci a t’il évolué ?

 Le monde du streaming a tellement changé depuis que j’ai commencé, et pourtant je ne suis pas là depuis les tous débuts. Je suis là depuis 5 ans seulement et Twitch a explosé. Surtout avec cette année plutôt particulière où beaucoup se sont retrouvés chez eux et ont découvert la plateforme. Il y a beaucoup plus de catégories, de gens qui regardent, le média commence à être plutôt connu et cité par les autres médias. Il y a encore beaucoup de choses à faire, à mettre en place mais c’est très agréable de travailler sur cette plateforme, on retrouve aussi des communautés très différentes, et curieuses de la plateforme. De nombreux youtubeurs se sont aussi mis à jouer le jeu du direct et ont amené leurs communautés et des façons différentes de créer du contenu.

Existe-il des sujets tabous ?

C’est une plateforme très libre où on peut tenter plus ou moins ce qu’on veut niveau projet, aujourd’hui on retrouve autant des gens dans leur chambre que des émissions en plateau avec de grosses équipes de prods. C’est vraiment top d’avoir une aussi grosse marge de manoeuvre et de pouvoir créer et s’amuser, j’ai très hâte de voir ce que va donner la plateforme dans les années à venir.

Vous pouvez shopper les produits Fulllife sur leur eshop.
Ce shooting a été sponsorisé par Fulllife.

Crédit :
Production : ANCRÉ
Photographe : Pete Casta
Stylisme : Moonstyliste
MUA : Selena

25 août 2021

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