Entre leggings transparents et attaques contre la direction, le torchon brûle entre le fondateur de la marque de sport et les actuels gérants.

“C’est un nouveau désastre pour Lululemon. Clairement, les échecs à répétition découlent du manque d’expérience de ce conseil d’administration dans les entreprises créatives, de son désintérêt pour le développement et la qualité des produits et de sa focalisation sur des priorités à court terme, guidées par des intérêts propres.” Sur LinkedIn, Chip Wilson, fondateur de Lululemon Athletica Inc., n’y va pas de main morte. Et pour cause. Mardi dernier, la collection de leggings “Get Low” a été retirée des ventes suite à de nombreuses plaintes. En effet, les vêtements de yoga étaient beaucoup trop transparents selon les consommateurs, provoquant une chute de 6,5 % du titre de la marque. S’ils ont depuis été remis en vente, (l’entreprise conseillant de porter des sous-vêtements adaptés sur son site), les leggings à 108 euros pièces ont été exploités par Chip Wilson pour fustiger la direction de sa société, lui qui est actuellement engagé dans une bataille pour réformer le conseil d’administration. Rappelons qu’il y a dix-huit mois, la ligne Breezethrough avait déjà été retirée juste après son lancement, suite à des coupes jugées peu flatteuses par la clientèle.
“Une crise de gouvernance”
“Je pense depuis un moment que Lululemon a perdu de sa superbe, mais il est maintenant clair pour moi que l’entreprise s’égare complètement en tant que leader du vêtement technique,” poursuit Chip Wilson, sur son réseau social. Ayant quitté la présidence de l’entreprise en 2021 (là encore, après un rappel de yoga pants transparents), Chip Wilson met en évidence ce que Brittain Ladd, consultant en stratégie et supply chain chez Chang Robotics, interrogée par Zone Bourse, appelle une “crise de gouvernance, déjà latente”. Une bataille publique menée par celui qui demeure l’un des plus importants actionnaires de l’entreprise qui pointe du doigt des problèmes de gestions et un gros turn-over. En effet, le mois dernier, le directeur général, Calvin McDonald, annonçait lui aussi claquer la porte (son départ sera effectif le 31 janvier prochain). L’entreprise cherche actuellement un nouveau dirigeant, tout en tentant de sauver la navire. Faisant face à un fort ralentissement de sa croissance ainsi qu’à l’émergence d’une nouvelle concurrence séduisant une partie de sa clientèle – Alo Yoga et Vuori en tête de file -, Lululemon a vu son chiffre d’affaires baisser de 3 % et 1 % respectivement aux États-Unis et au Canada au cours du troisième trimestre.
Côté nomination, là encore, la colère gronde dans les bureaux. Missionné par le conseil d’administration pour trouver des candidats au poste vacant, M.Wilson a donné trois noms : Marc Maurer, ancien cochef de la direction d’On Holding AG, Laura Gentile, ancienne directrice du marketing d’ESPN, et Eric Hirshberg, ancien chef de la direction d’Activision. Seulement, là encore, ça coince : l’investisseur Elliott Management (qui a acquis une participation de plus de 1 milliard US dans Lululemon) fait pression de son côté pour que Jane Nielsen, ancienne cadre chez Ralph Lauren et Coach, soit nommée au poste de cheffe de la direction. La guerre est-elle déclarée ?
24 janvier 2026