Une mannequin française décrit les difficiles règles imposées dans son industrie depuis la pandémie

Notamment pour celles et ceux non-vaccinés.

Crédit photo : Instagram @shanaelleb

Alors que la dernière Fashion Week de Paris connaissait des chamboulements de dernière minute en raison de la hausse des cas de Covid-19, la pandémie a également eu son impact auprès des mannequins. La modèle française Shanaëlle (@shanaelleb) s’est emparée de son compte Instagram pour s’insurger de la dureté des protocoles sanitaires mis en place au sein des productions, et qui provoque selon elle une discrimination sanitaire des non-vaccinés. Des tests à faire presque tous les jours, jusqu’à l’annulation d’une campagne pour une personne qui n’a pas la virus mais qui n’est tout simplement pas vaccinée, Shanaëlle dénonce les failles au sein des agences et productions en tant que mannequin.

Encore plus d’incertitudes et de précarité

Celle qui exerce le métier de mannequin depuis 4 ans, souligne tout d’abord le fait que son métier, malgré le fait qu’il fasse rêver, est synonyme d’incertitudes et de précarité et ce d’autant plus depuis la pandémie. “On ne sait jamais combien de jobs on va avoir par mois du coup on a des revenus très irréguliers. Certes, on est salariés mais on enchaîne les CDD ce qui fait qu’on ouvre pas de droits au chômage”, explique-t-elle. Le Covid a également entraîné des changements dans le déroulé des castings : il ne se font plus sur rendez-vous physique mais les modèles doivent les faire de chez eux, via des photos et vidéos. Pas évident pour celles et ceux qui ne sont pas formés au montage vidéo. “Il faut parfois investir dans du matériel et surtout se former à la photo et à la vidéo.”, explique Shanaëlle avant d’ajouter que tout cela n’est pas pris en charge et n’est pas gage de travail par la suite.

Des protocoles absurdes et parfois illégaux

La mannequin pointe du doigt un autre protocole qui découle de la pandémie : pour pouvoir exercer, certains mannequins se voient demander leurs données médicales, une requête illégale puisqu’une violation du secret médical est passable d’une peine allant jusqu’à 1 an d’emprisonnement et d’une amende de 15 000 euros selon le Code Pénal. “Depuis quelques mois, certaines prods ne se cachent plus et nous réclament par écrit notre situation vaccinale, si on est à une, deux ou trois doses. Ils nous demandent également notre pass sanitaire et maintenant notre pass vaccinal.”, déclare-t-elle. Les tests quant à eux sont imposés tous les 2 jours et ne sont pas pris en charge par les productions, des dépenses en plus pour les non-vaccinés : “On paie entre 13 et 50 euros le test PCR.”.

Récemment, la mannequin apprenait également avoir été prise pour une campagne internationale L’Oréal pour, seulement 2 jours après, être virée du projet en raison de son statut vaccinal et ce malgré les nombreux tests prouvant sa résistance au virus. “Je pense qu’il est temps d’ouvrir les yeux puisque notre société prend une tournure vraiment inquiétante. (…) Il est important que nous restions soudés, que l’on refuse les décisions absurdes qui nous viennent d’en haut, et on fera avancer les choses.”, conclu-t-elle.

Côté consommation, la pandémie a également entraîné des changements de comportements selon un rapport de StockX.

1 février 2022

Previous Article

Une retrospective consacrée aux débuts d'Azzedine Alaïa a ouvert ses portes à Paris

Next Article

4 coiffures protectrices afro réalisables sur tous types de cheveux

Related Posts
Lire la suite

“T’es pas une vraie arabe parce que t’es blanche”

À l'heure où la femme originaire du Maghreb ou du Moyen-Orient est en proie aux stéréotypes, nous avons interrogé neuf femmes arabes aux visages bien différents. Parce que comme l'européenne, la latina... la femme arabe n'a pas un seul visage.