Racisme et harcèlement sexuel, l’horreur chez Brandy Melville

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“Elle est maigre, blanche, blonde et jolie, engageons-la”.

Crédit photo : Brandy Melville Torino

Dans un rapport de Kate Taylor, journaliste chez Business Insider, Brandy Melville, marque de prêt-à-porter prisée des adolescentes californiennes, fait l’objet d’accusations de racisme et d’harcèlement sexuel par ses anciens employés. Au delà de son choix déplorable de n’inclure qu’une unique taille à la vente (XS ou S), la marque se voit cette fois-ci faire face à de graves témoignages relevant même de la grossophobie et de l’antisémitisme. Ces derniers pointent notamment du doigt les recruteurs et leur manière totalement désastreuse d’embaucher des nouvelles recrues et de gérer leurs équipes.

Un processus d’embauche discriminatoire et abusif

Le récit de ces phases de recrutements profondément douteuses commence dans la boutique new-yorkaise de la marque, où, installés dans une zone surélevée leur offrant une vue d’ensemble sur le magasin, Stephan Marsan, PDG de la marque, accompagné de ses associés, observent les clientes défiler, détaille Insider. Des adolescentes pour la plupart. Lorsqu’ils valident une cliente, c’est pour une raison simple : cette dernière est blanche, blonde et mince. À ce moment précis, ils peuvent déclencher une lumière à la caisse de l’étage inférieur, signalant que l’employé devra demander une photo et des coordonnées à la cliente choisie au moment de régler. Suite à cette étape, le déroulement prend un tournant de plus en plus inquiétant. L’adolescente est scrutée par les cadres de la boutique, jugeant les photos envoyées mais également son profil Instagram. Si cette dernière leur plaît, elle est embauchée dans la foulée à coup de simple SMS dans lequel son salaire est défini selon ces mêmes photos.

Des jeunes femmes victimes d’abus sexuel

Une fois le poste pourvu, les nouvelles employées se voient dans l’obligation d’envoyer quotidiennement une photo de leurs tenues avant d’aller travailler au PDG, Stephane Marsan. Ce dernier recevrait plus de 2000 photos de ce type par jour sur son téléphone. Si l’habit ne lui convient pas, certaines sont forcées de se changer sous les yeux des cadres. Pour les rares employées noires, l’expérience est bien pire : des témoins affirment avoir été affectées à des postes dans lesquels elles sont le moins possible en interaction avec les clientes. “Si elle était noire, si elle était grosse… il ne les voulait pas dans le magasin”, témoigne Luca Rotondo, ancien vice-président de l’enseigne. Des témoignages d’abus et d’harcèlement sexuel sont venus s’ajouter à la montagne d’accusations liées aux gérants de la marque Brandy Melville. Une ancienne responsable explique avoir été agressée sexuellement en 2015 par un cadre Brandy Melville qui gérait plusieurs boutiques. Des faits qui ont eu lieu lorsqu’elle séjournait dans un appartement appartenant à la marque à Soho.

Malgré ces accusations, Stéphane Marsan ne semble pas concerné par la vague de témoignages le pointant du doigt. Dans le rapport d’Insider, on découvre que le PDG et ses associés se sont réunis dans un groupe de conversation nommé “Brandy Melville gags” . Dans une capture écran de cette conversation, on découvre toutes sortes de messages abjects tels que des références nazies, des blagues sur l’Holocauste ou des memes racistes.

Brandy Melville fait déjà l’objet de deux procès intentés par d’anciens propriétaires de boutiques de la marque au Canada. Il affirment avoir été licenciés après avoir refusé de virer des employés en raison de leur apparence. Aucun représentant de Brandy Melville n’a répondu aux sollicitations d’Insider suite à la publication du rapport.

8 septembre 2021

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