Alors que Naomi Campbell a récemment été choisie pour figurer sur la première couverture du ELLE Afrique, c’est pour une raison bien plus sordide que l’ex-top fait actuellement parler : sa probable implication dans l’affaire Epstein.

Son nom est cité près de 300 fois dans les Epstein files. Naomi Campbell, mannequin phare des années 1990 et superstar de la mode, aurait été plus proche de Jeffrey Epstein, rencontré lors de son 31ème anniversaire en 2001, qu’elle ne veut bien le dire. En effet, les documents publiés par le ministère américain de la Justice dans le cadre de l’affaire semblent indiquer que la Britannique aurait été en contact avec le financier bien après sa condamnation, en 2008, pour incitation à la prostitution d’une mineure.
De nombreuses mentions
Dans une enquête, le New York Times révèle ainsi que des échanges de mails indiquent que Naomi Campbell semblait faire partie d’un des cercles privilégiés de M.Epstein. Elle a notamment demandé à voyager à bord de son avion privé et fait également mention d’un rendez-vous à sa résidence new-yorkaise, coordonné par Lesley Groff, son assistante de longue date. On apprend également que lors d’entretiens avec des enquêteurs fédéraux, des victimes anonymes ont confié que l’homme d’affaire les avait présenté au mannequin lors de différentes soirées, et que Naomi Campbell a été vue plusieurs fois dans son manoir et sur son île. Pour faire escale, d’après son avocat, Maître Martin Singer, qui promet dans une déclaration officielle : “Avant l’arrestation d’Epstein à New York en 2019, ma cliente ignorait tout de ses agissements criminels odieux. Si ma cliente avait rencontré une jeune femme qu’elle pensait victime d’Epstein, elle serait intervenue immédiatement pour l’aider.” Il a ajouté que Naomi Campbell vivait à Moscou de 2008 à 2013 et qu’elle “ignorait totalement qu’Epstein était un délinquant sexuel fiché”.
Pourtant, un document intitulé “Liste des personnes qui ont besoin de l’adresse de JE !” la mentionne, aux côtés de dizaines d’autres personnalités, et détaille les instructions sur la façon de contacter Jeffrey Epstein dans sa prison de Floride, où il purgeait sa peine à l’été 2008. Des mentions que la top ne comprend pas, d’après son avocat, qui assure qu’elle “n’a jamais demandé à personne l’adresse d’Epstein pour communiquer avec lui en prison en Floride.” Comment expliquer également qu’en 2010, moins d’un an après sa libération de prison, Jeffrey Epstein ait été invité aux 40 ans de Naomi Campbell, “un événement privé pour ses proches” comme le précise le carton d’invitation ? Son avocat indique que la mannequin n’avait pas établi la liste elle-même, et a rappelé qu’il n’avait pas assisté à la fête. La même année, il était passé, accompagné de Ghislaine Maxwell, à une réception organisée par Dolce & Gabbana pour fêter les 25 ans de carrière de Naomi Campbell.
En 2019, Naomi Campbell avait publiquement condamné les actes de Jeffrey Epstein dans une vidéo sur sa chaîne YouTube : “Quand j’ai appris ce qu’il avait fait, j’ai eu la nausée, comme tout le monde, car j’ai moi aussi eu mon lot de prédateurs sexuels, comme tout le monde.” Elle avait ajouté : “La conclusion effrayante est que si l’action négative de votre voisin, de votre collègue, voire d’un associé, peut vous rendre coupable par simple association, alors nous vivons effectivement une époque très inquiétante.”
Un rôle dans le réseau ?
Naomi Campbell, serait-elle un simple dommage collatéral ? Une connaissance que les actions de Jeffrey Epstein ont seulement éclaboussé ? D’après les transcriptions d’interrogatoires du FBI, Jeffrey Epstein utilisait sa proximité avec la top pour attirer des jeunes femmes dans son réseau et leur faire miroiter une carrière de mannequin. En 2020, une victime anonyme dit avoir rencontré l’homme d’affaires alors qu’elle n’était âgée que de 15 ans, et que ce dernier lui aurait promis de lui trouver un poste chez Victoria’s Secret, en mentionnant son amitié avec Naomi Campbell, qui défilait régulièrement pour la marque, ainsi que Leslie Wexner, alors PDG de L Brands, la société mère de Victoria’s Secret. La jeune femme, alors mineure à l’époque, aurait été présentée à Naomi Campbell pour le bureau privé de Jeffrey Epstein. Là encore, l’avocat de la mannequin nie toute implication active de sa cliente : “[Si M.Epstein] a utilisé son nom pour impressionner qui que ce soit ou pour gagner la confiance de quelqu’un, il l’avait fait entièrement à son insu et sans son autorisation.” Comment expliquer alors sa présence dans ledit bureau ?
Virginia Giuffre, victime tristement célèbre de l’affaire décédée l’année dernière, faisait elle aussi mention d’une présentation à Naomi Campbell orchestrée par Jeffrey Epstein lui-même. Maître Martin Singer précise que, de son côté, sa cliente ne se souvenait pas avoir un jour rencontré les victimes de Jeffrey Epstein et que les fois où elle s’était rendue à son bureau privé, c’était pour “trois ou quatre réunions d’affaires”. Rappelons que Naomi Campbell n’a été inculpée d’aucun crime. Cependant, ses nombreuses citations permettent de comprendre un peu mieux la mise en place du vaste réseau de Jeffrey Epstein, qui semblait s’appuyer sur un cercle mondain solide – dont semblait faire partie Naomi Campbell -, pour piéger des (très) jeunes femmes dans ses filets.
9 mars 2026