Dans une étude qui révèle que les soins irrespectueux, voire la maltraitance obstétricale, augmentent les risques de dépression post-partum.

Publiée fin novembre par l’Inserm dans la revue d’obstétrique et gynécologie BJOG par une équipe de chercheuses de l’AP-HP, de l’Université Paris Cité, d’INRAE et de l’Université Sorbonne Paris-Nord, une étude pilotée par l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris met en lumière la violence de certains soins obstétricaux. En effet, près de 25% des femmes interrogées (7 189) ont signalé avoir été victimes de gestes non consentis ou de manque de respect de leur corps et de leur parole. Un triste constat qui, pour les chercheuses, favorisent la dépression post-partum.
Touchant près de 20 % des nouvelles mères, ce trouble psychiatrique serait encouragé à 37 % par une mauvaise expérience de l’accouchement. Si l’étude précise que, dans la majorité des cas, ces comportements ne sont pas réalisés avec l’intention de nuire, l’absence de prise en compte de la douleur, du consentement, de la peur, et, plus largement, le manque d’empathie et d’humanité, ont des conséquences graves sur la santé psychique des futures mères. « L’accouchement est un moment d’hyper vulnérabilité », rappelle Marianne Jacques, sage-femme et première autrice de l’étude, à Santé Cool
Qu’est ce la « maltraitance obstétricale » ?
Regroupés sous cette appellation englobante, ces comportements peuvent prendre différentes formes. On parle d’actes médicaux non consentis comme l’épisiotomie, de gestes invasifs réalisés sans prise de consentement, de décisions obstétricales qui ne seraient pas expliquées, comme une césarienne décidée sans communication, de violences verbales allant des remarques humiliantes à la minimisation de la douleur en passant par une forme d’agressivité, d’un manque d’écoute, ou de pratiques abusives. « Les femmes méritent des soins respectueux, un accompagnement verbal et une prise en charge centrée sur la personne, poursuit Marianne Jacques. Le simple respect du consentement et de l’intimité est déjà une mesure de santé publique. » Ces comportements ont en effet des conséquences qui dépassent la salle d’accouchement puisque ces derniers peuvent entrainer des traumatismes, un sentiment de déshumanisation, une rupture de confiance envers le corps médical et un impact émotionnel conséquent, encourageant la dépression post-partum.
« Ce n’est pas anodin, souligne la sage-femme, Le vécu traumatique de l’accouchement influence directement la santé mentale des mères, leurs capacités d’adaptation, leur lien d’attachement et parfois toute leur entrée dans la parentalité ». À l’AFP, elle poursuit : « Cette association entre soins irrespectueux subis pendant le travail, l’accouchement ou le séjour en maternité et symptômes de dépression du postpartum deux mois plus tard a été observée, y compris parmi les femmes ayant un faible risque psychique préexistant ou un bas risque médical. » Pour faire baisser ces chiffres, les rédactrices de l’études appellent ainsi à « humaniser les soins et mieux prendre en considération les besoins des femmes » ainsi qu’à « sensibiliser le public et fournir aux professionnels de santé les ressources nécessaires pour garantir ce respect ».
5 janvier 2026