L’art du twerk s’expose au Palais de Tokyo

L’artiste Aïda Bruyère explore également l’univers du dancehall à l’occasion d’une exposition.

Elle avait remporté à 24 ans le Grand Prix du 64e Salon de Montrouge avec une installation sur le thème du dancehall, Aïda Bruyère revient avec un toute nouvelle exposition, projetant ainsi son médium préféré : le fanzine, sur les murs du Palais de Tokyo. Le temps d’une exposition de presque quatre mois. Au programme, des archives en images de centaines de tutoriels de manucure YouTube, des battles de dancehall et de twerk, qui s’articuleront dans une décor inspiré d’une boite de nuit à Bamako. Née à Dakar en 1995, Aïda Bruyère a grandi au Mali jusqu’à l’âge de 17 ans. C’est en rentrant en France qu’elle commencé son premier projet d’ampleur. “J’y ai suivi un ami dont le père est l’une des plus grandes fortunes du Mali : lui et sa famille utilisent son argent dans une totale démesure par rapport à la France. C’est avec ce projet que j’ai commencé à travailler sur les questions d’argent et d’appropriation culturelle”, expliquait-elle en 2019 à Numéro.

La guerre des fesses

Au Palais de Tokyo Aïda Bruyère poursuit ses recherches, en tentant de retrouver à travers l’image “l’énergie des corps rapprochés, de la musique et de l’ivresse”. Un travail qu’elle avait déjà présenté dans un livre intitulé “le Bootyzine” qui répertoriait une armée de fesses, toutes différentes les unes des autres, glanées dans des clips sur Youtube. Le tout imprimé sur des papiers A4 assemblés pour former une pattern psychédélique inspirée des cotons tissés Ghanéen. “La fesses deviennent autant attractives que répulsives, un outil d’émancipation qui déjoue par-là son caractère sexué”, expliquait l’artiste en préambule de cette oeuvre.

Crédit photo : Aïda Bruyère

“J’ai découvert que ces danses étaient une manière pour les personnes vivant dans les ghettos de s’approprier les clichés que les Blancs racistes leur attribuaient, comme le fait d’être hypersexualisées, d’être des sauvages… “, expliquait-elle en 2019, confiant qu’elle s’était elle même mise au dancehall après avoir découvert la danseuse Patricia Badin. “Aujourd’hui, le dancehall est pratiqué dans le monde entier, par des Russes, des Japonaises ou encore des Ukrainiennes, mais la portée politique n’est plus du tout la même ! J’ai donc pu constater comment cette danse en elle-même pouvait évoquer tant de choses différentes”.

Palais de Tokyo
13 Avenue du Président Wilson
75116 Paris
Du 26/11/2021 au 20/03/2022

Visitez également le décor du dernier défilé Dior dans les jardins du Musée Rodin.

16 juillet 2021

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